Leos Carax

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Leos Carax
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Leos Carax au festival de Cannes 2012.
Données clés
Nom de naissance Alex Christophe Dupont
Naissance (63 ans)
Suresnes (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Acteur et réalisateur
Films notables Boy Meets Girl
Mauvais Sang
Les Amants du Pont-Neuf
Holy Motors
Annette

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Alex Dupont[1], dit Leos Carax, est un réalisateur français né le à Suresnes.

Connu pour ses œuvres oniriques qui mélangent bizarrerie et tragédie, il a notamment réalisé les longs métrages Les Amants du Pont-Neuf (1992), Holy Motors (2012) et Annette (2021). Metteur en scène peu prolifique, il a la particularité de ne sortir qu'un film tous les dix ans environ.

Nommé cinq fois aux César, il devient le premier réalisateur français à remporter le César de la meilleure réalisation pour un film musical avec son film Annette.

Biographie

Alex Christophe Dupont est le fils de la journaliste américaine et critique de cinéma Joan Osserman-Dupont[2] (International New York Times) et du journaliste scientifique franco-américain Georges Dupont[3],[4]. Il est d’origine franco-allemande par son père, russo-américaine et juive par sa mère[5]. Il est le père d'Anastasija dite Nastya Golubeva Carax, née en 2004 de son union avec l'actrice russe Katerina Golubeva, en outre mère de la Lituanienne Ina Marija Bartaitė (1996-2021), et qui se suicide sept ans plus tard à l'âge de 44 ans.

Son nom d'artiste est une anagramme d'Alex qui est le prénom du personnage principal de la plupart de ses films (et le prénom qui lui a été donné par ses parents) et d'Oscar, ce qui est souvent pris pour une référence à l'Oscar du cinéma, à tort : "J'ai changé de nom quand j'avais 13 ans, donc ça n'a rien à voir avec les Oscars comme les gens me demandent parfois", déclare Carax[6].

Jeunesse

Dès son enfance, Leos Carax apprécie le cinéma et particulièrement « les femmes filmées » : il se passionne notamment pour Marilyn Monroe. Dans le même temps, son parcours scolaire est assez chaotique : « J'étais assez voyou. » Il gagne de l'argent de poche en allant voler des disques au centre commercial de La Défense pour les revendre à ses camarades de lycée, selon les listes de demande qu'ils lui font. C'est ainsi qu'il fait de nombreuses découvertes musicales. Ses idoles rock sont David Bowie et Iggy Pop[7].

À la fin des années 1970, il suit des cours au centre Censier de l'université Paris-III, où il rencontre Serge Daney et Serge Toubiana, qui l'introduisent aux Cahiers du cinéma, où il ne reste que peu de temps. Il commence le tournage d'un film, La Fille rêvée, avec de petits moyens ; mais l'entreprise s'achève quand un projecteur cassé met le feu aux rideaux du restaurant chinois où l'une des scènes est tournée[7],[8].

Premiers films

Leos Carax arrive ensuite à terminer Strangulation Blues, un court-métrage de dix-sept minutes, en 1980. Son univers poétique urbain, son style sensible et son lyrisme en font un des réalisateurs français les plus prometteurs au début des années 1980[Selon qui ?]. Il reçoit le Grand Prix du court métrage du Festival international du jeune cinéma de Hyères, en 1981[8]. Il réalise ensuite Boy Meets Girl (1984), avec Denis Lavant et Mireille Perrier. L'intrigue est simple : la nuit, dans une ville, un garçon et une fille déambulent chacun de leur côté, font une série d'étranges rencontres, finissent par faire connaissance, se parlent et tombent amoureux, mais leur rencontre s'achève de manière tragique et brutale. Le film, tourné en noir et blanc, est parsemé de références notamment à Jean-Luc Godard, Jean Cocteau et D. W. Griffith, et sera remarqué pour son ton poétique et l'énergie de sa mise en scène. Le film est présenté à la Semaine de la critique au Festival de Cannes 1984. Libération écrit à l'époque : « Un frêle fantôme hante tout le festival. »[9]

Il réalise ensuite Mauvais Sang en 1986, avec Denis Lavant, Juliette Binoche tout juste révélée dans Rendez-vous d'André Téchiné, Michel Piccoli, et les débuts d’actrice de Julie Delpy, poème d'amour lyrique niché dans un polar. C'est l'histoire d'Alex, jeune homme engagé par des gangsters pour un casse, qui tombe amoureux d'Anna, la maîtresse du chef. Le titre est une référence au poème Mauvais Sang qui ouvre Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud[9].

Reconnaissance

Leos Carax au festival de Cannes, en .

Leos Carax s'attaque ensuite à un projet ambitieux à gros budget, Les Amants du Pont-Neuf, avec sa compagne Juliette Binoche et son acteur fétiche Denis Lavant. À la suite d'un accident, les problèmes se multiplient, le tournage doit s'interrompre à plusieurs reprises. Carax doit l'achèvement de son film au soutien d'un grand nombre de cinéastes français et étrangers et d'une grande partie de la communauté cinéphile et artistique, ainsi qu'à l'appui du ministre de la Culture Jack Lang, ce qui finira par susciter l'intervention du producteur Christian Fechner. En 1991, Les Amants du Pont-Neuf est néanmoins un succès critique, malgré le demi-échec public en France, mais son équipe se sépare et Juliette Binoche le quitte.

Il faut attendre 1999 pour que sorte Pola X, interprété par Guillaume Depardieu, Katerina Golubeva et Catherine Deneuve, mal accueilli par la presse[10] et le public (sélection officielle à Cannes), mais soutenu ardemment par quelques-uns, notamment par le cinéaste Jacques Rivette qui déclare : « Pour moi, le plus beau film français des dix dernières années »[11]. Une version légèrement plus longue diffusée à la télévision sur Arte, en 2002, sous le titre Pierre ou les Ambiguïtés (titre du livre de Herman Melville dont le film est inspiré) reçoit un jugement plus favorable.[réf. nécessaire] Le titre du film fait aussi référence à l'actrice de cinéma muet Pola Negri, Léos Carax ayant pensé renommer le personnage féminin par le prénom Pola[12].

En , Leos Carax obtient une rétrospective et une carte blanche à la Cinémathèque française où il programme quatorze œuvres, parmi lesquelles : Après nous le déluge de Howard Hawks (1933), Fleurs de papier de Guru Dutt (1959), La Foule de King Vidor (1928), La Petite Lise de Jean Grémillon (1930) et Le Soldat américain de Rainer Werner Fassbinder (1970).

Fin 2007, il réalise au Japon Merde, un des trois segments du long métrage Tokyo! réalisé aussi par Bong Joon-ho et Michel Gondry.

Leos Carax durant sa masterclass à la Cinémathèque française en .

En 2012, Leos Carax fait son grand retour, treize ans après son dernier long métrage, avec Holy Motors, toujours interprété par Denis Lavant. Le film présenté en sélection officielle au Festival de Cannes reçoit un accueil globalement très enthousiaste, qui le place quelques jours avant l'annonce du palmarès en favori pour gagner la Palme d'or, malgré quelques réticences sur l'aspect extrêmement novateur du film. Il ne gagne finalement aucun prix du Palmarès officiel, mais il est considéré par de nombreux critiques de cinéma[13] comme l'un des meilleurs films de la sélection cannoise de cette édition. Cette même année, Carax se rend au festival du film de Locarno en Suisse, où il reçoit un Léopard d'or pour l'ensemble de sa carrière et à cette occasion, ses cinq longs métrages sont projetés. Olivier Père, directeur artistique du festival, se déclare « très ému et honoré d'inviter à Locarno l'un des plus grands créateurs du cinéma mondial. Les apparitions Boy Meets Girl et Mauvais Sang demeurent les plus probants manifestes esthétiques des années 80, Les Amants du Pont-Neuf un rêve de cinéma poétique à l'ambition inégalée, tandis que Pola X, d'une beauté, d'une sincérité et d'une ampleur bouleversantes, est sans doute le chef-d'œuvre de Leos Carax. Quant à Holy Motors, il s'agit d'un fulgurant voyage où se mêlent la vie et le cinéma, au gré d'émotions et de visions extraordinaires »[14]. Ce film, dédié à sa compagne décédée Katerina, est notamment porté par leur fille.

En 2014, la Galerie Gradiva à Paris demande au réalisateur de créer quelques minutes de cinéma à propos du Penseur d'Auguste Rodin. Selon le galeriste Thomas Bompard :

« Carax est le plus grand poète français vivant. Il ne se passe pas un soir où, en traversant la Seine par le pont du Carrousel, je ne pense pas aux plans magiques des Amants du Pont-Neuf. Je lui ai demandé de filmer le Penseur. Et il a pensé que c’était une bonne idée. »

Éclairé par Caroline Champetier — avec qui Carax avait déjà collaboré sur Holy Motors — ce court métrage est projeté en avant-première le soir du vernissage, le , à la tombée de la nuit.

Leos Carax prépare en 2017 son sixième long-métrage. Cet opéra rock, intitulé Annette, est son premier film en langue anglaise et met en scène Adam Driver, Marion Cotillard et Simon Helberg[15]. La musique est composée par les Sparks[16]. Le 6 juillet 2021, la projection d'Annette ouvre le Festival de Cannes[16].

En juin 2023, il termine le tournage de son nouveau film : C'est pas moi[17].

Filmographie

Réalisateur

Courts métrages

Longs métrages

Clips

Acteur

Musique

Leos Carax coécrit avec Carla Bruni les paroles de Quelqu'un m'a dit, chanson éponyme du premier album de la chanteuse (2002)[20]. Sur l'album Hippopotamus des Sparks, il interprète le titre When You're A French Director. Il les rejoint sur scène lors d'un concert à la Gaîté-Lyrique à Paris le .

Distinctions

Récompenses

Nominations

Notes et références

  1. Freddy Buache, Vingt-cinq ans de cinéma français : parcours croisés, 1979-2003, L'AGE D'HOMME, , 433 p. (ISBN 978-2-8251-1840-5, lire en ligne)
  2. BFM Business, « Joan Osserman-Dupont »
  3. Denise Roz, Sud-Ouest, « Élections américaines : « Je suis très inquiet » »,
  4. (en) Eric Hynes, « Leos Carax on “Tokyo”: “Cinema is my country but it is not my business” | IndieWire », sur www.indiewire.com (consulté le )
  5. « Leos Carax. Cinéaste, réalisateur de «Pola X»«Nous dépasser, ou sombrer» «L'animal privé» évoque le cinéma, l'argent,la guerre, l'amour"" », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. « Signé Carax - Culture Prime » (consulté le )
  7. a et b A l'impossible on est tenu : entretien avec Leos Carax sur le site des Inrockuptibles, consulté le 26 juin 2012
  8. a et b Biographie de Leos Carax sur Allociné.fr, consulté le 21 juin 2012
  9. a et b Leos Carax : le retour de l'enfant terrible sur le site Evene.fr, consulté le 29 juin 2012
  10. AlloCine, « Pola X: Les critiques presse » (consulté le )
  11. « Guillaume Depardieu, l'écorché vif », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le )
  12. « Leos Carax : Pola X », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  13. voir la page consacrée au film
  14. a et b « Leos Carax à l'honneur au prochain festival de Locarno » sur Le Monde.fr, consulté le 21 juin 2012
  15. « Leos Carax va réaliser un opéra rock », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. a et b « « Annette », l’hymne à la nuit de Leos Carax », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Leos Carax a bouclé à Paris le tournage de son nouveau film, C'est pas moi [photos] », sur Premiere.fr, (consulté le )
  18. « Leos Carax achève à Paris le tournage de son nouveau film », sur www.cgcinema.eu (consulté le )
  19. Vidéo alternative au véritable clip signé Bo Johan Renck (en). La vidéo de Carax est un canular envoyé à la maison de disques du groupe.
  20. « Droit d'auteur Quelqu'un m'a dit - Répertoire des Œuvres - La Sacem », sur repertoire.sacem.fr (consulté le )
  21. J. S., « Le Delluc à " Mauvais Sang " », sur lemonde.fr, (consulté le ) : « A la majorité de sept voix contre six et un bulletin blanc, le Prix Louis-Delluc 1986 a été attribué, jeudi, à Mauvais Sang, de Leos Carax (le Monde du 28 novembre). Il figurait parmi les titres sélectionnés, mais, au deuxième tour de vote, Jean de Florette, de Claude Berri, et Tenue de soirée, de Bertrand Blier, se trouvaient à égalité, sans que les partisans de l'un et de l'autre pussent être départagés. Face à des œuvres de qualité " classique " et déjà récompensées par le succès populaire, il fallait un outsider. Ce fut Mauvais Sang, " meilleur film français de l'année ", donc, parce que film d'auteur représentant un talent certain, portant la promesse d'un nouveau cinéma. »
  22. (de) « Preise & Auszeichnungen 1987 », sur berlinale.de (consulté le )
  23. « Annette », sur festival-cannes.com (consulté le )
  24. Le prix Douglas Sirk est attribué à Leos Carax

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Leos Carax, sur Wikimedia Commons

Vidéographie

  • Le film documentaire Mr. X (2014), de Tessa Louise-Salomé est consacré à la carrière du cinéaste, à travers des entretiens de ses différents collaborateurs. Le film a été diffusé au Festival de Sundance.

Bibliographie

  • Fergus Daly, Garin Dowd, Leos Carax, Manchester, Manchester University Press, coll. « French Film Directors », 2003.
  • Lionel Grenier, De Boy Meets Girl à POLA X - une introduction à l'univers caraxien, Morières-les-Avignon, Vacuum, 2006.
  • Alban Pichon, Le Cinéma de Leos Carax. L'expérience du déjà-vu, Latresne, Le Bord de l'eau, coll. « Cinéma », 2009.
  • Jérôme d'Estais, La Petite Géographie réinventée de Leos Carax, Paris, Marest éditeur, 2021.

Liens externes

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Leos Carax
Réalisateur
  • Strangulations blues (court métrage, 1980)
  • Boy Meets Girl (1984)
  • Mauvais Sang (1986)
  • Les Amants du Pont-Neuf (1991)
  • Sans titre (court métrage, 1997)
  • Pola X (1999)
  • Tokyo! (sketch Merde, 2008)
  • Holy Motors (2012)
  • Annette (2021)
  • C'est pas moi (2024)
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Années 1970
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Années 2010
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Lumière de la meilleure mise en scène (« Lumière du meilleur réalisateur » jusqu'en 2019)
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