Gillo Pontecorvo

Gillo Pontecorvo
Description de l'image Gillo Pontecorvo.jpg.
Données clés
Naissance
Pise (Italie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès (à 86 ans)
Rome (Italie)
Profession réalisateur, scénariste
Films notables Kapò
La Bataille d'Alger
Queimada

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Gillo Pontecorvo, né le à Pise et mort le à Rome, est un cinéaste italien.

Biographie

Famille

D'origine juive italienne, Gilberto (dit « Gillo ») Pontecorvo est le frère de Bruno Pontecorvo, physicien nucléaire travaillant pour l'URSS, et de Guido Pontecorvo, généticien italo-britannique, ainsi que le petit-fils de l'industriel juif Pellegrino Pontecorvo.

Il a trois fils : Marco (directeur de la photographie et réalisateur), Simone (peintre) et Ludovico (physicien).

Débuts

Chimiste de formation, il se tourne rapidement vers le journalisme et devient correspondant à Paris de plusieurs publications italiennes. En 1941, il rejoint le Parti communiste italien (PCI), et participe à des activités antifascistes dans le nord de l'Italie. Après la répression soviétique de l'insurrection de Budapest en 1956, il rompt avec le PCI, tout en continuant à se réclamer du marxisme.

Il débute au cinéma après la Seconde Guerre mondiale comme assistant d'Yves Allégret[1] et Mario Monicelli notamment. À partir de 1953, il réalise ses premiers essais documentaires (Giovanna, MM, 1956).

En 1956, il contribue à un épisode de La Rose des vents (Die Windrose), supervisé par Alberto Cavalcanti.

Carrière

L'année suivante, il dirige son premier long métrage, Un dénommé Squarcio (La grande strada azzurra, produit par Maleno Malenotti (it), d'après un roman de Franco Solinas).

Puis il décrit l'univers concentrationnaire dans le film Kapò (1960), histoire d'une juive qui devient l'auxiliaire des nazis. Le film est nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1961. Il donnera lieu à une célèbre polémique sur le « travelling de Kapò », que Jacques Rivette avait jugé indigne dans un article des Cahiers du cinéma intitulé « De l’abjection »[2].

Yacef Saâdi entouré de deux femmes à gauche, Gillo Pontecorvo et sa femme Picci à droite, lors de la remise du Lion d'or pour La Bataille d'Alger à la Mostra de Venise 1966.

En 1966, il met en scène son film le plus important, La Bataille d'Alger (La Battaglia di Algeri), reconstitution de l'action policière de l'armée française pendant la bataille d'Alger qui est un épisode fondamental de la guerre d'Algérie du point de vue des combattants du FLN. Christelle Taraud qui utilise le film en 2008 comme source primaire d'étude des enfants de rue le décrit ainsi : « Le fait que La Bataille d’Alger soit de plus clairement un film de propagande […] accentue encore l’idée que le discours qui y est véhiculé procède, au même titre qu’un tract ou qu’un communiqué du FLN, de l’énoncé du projet politique et de la place que chacun doit y trouver. »[3]. Ce film est récompensé par le Lion d'or du festival de Venise, mais demeure longtemps interdit en France et son exploitation provoque de nombreux remous.

Dans Queimada (1969), dominé par l'interprétation de Marlon Brando, il s'attaque à nouveau au colonialisme, avec une évocation de la révolution haïtienne au début du XIXe siècle.

Face à l'échec de Queimada, Pontecorvo cesse de faire des films. Il réalise quand même un film secondaire, Opération Ogre (Ogro, 1979), sur l'assassinat de Luis Carrero Blanco par l'ETA pendant le franquisme, et collabore au film L'addio a Enrico Berlinguer (1984).

En 1992, il est nommé directeur du festival de Venise.

En 1993, durant la 50e édition de la Mostra, Pontecorvo remet à Steven Spielberg un Lion d'or d'honneur, au moment de la sortie de La Liste de Schindler. À un moment de la cérémonie, Spielberg raconte une anecdote :

« Il y a plusieurs années dans un restaurant d'Hollywood un jeune réalisateur américain rencontra un réalisateur italien et lui dit : "Vous êtes si fort, j'aimerais tellement faire des films aussi beaux que les vôtres". Dans les années 1970, alors que le réalisateur américain rencontrait le succès, le réalisateur italien, lui, était sans travail au point qu'il dut mettre aux enchères ses récompenses, y compris son Lion d'or gagné à Venise pour La Bataille d'Alger. Ce réalisateur est ici aujourd'hui, c'est Gillo Pontecorvo, et ça, c'est le Lion d'or que moi j'ai acheté. Maintenant Gillo, je te le rends car on ne peut pas acheter le travail d'un auteur". Surpris et ému Pontecorvo lui répond : "Garde-le ! Il est entre de bonnes mains !" »

[réf. souhaitée]

Gillo Pontecorvo a été membre d'honneur du Club de Budapest[4].

Filmographie partielle

Notes et références

  1. Pour Les miracles n'ont lieu qu'une fois.
  2. Jean-Marie Pottier, Slate.fr, « «Le travelling de Kapò»: comment Rivette nous a fait réfléchir sur la Shoah au cinéma », sur slate.fr, (consulté le ).
  3. Les yaouleds : entre marginalisation sociale et sédition politique, rhei.revues.org, Christelle Taraud, Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière", Numéro 10, 2008, p. 59-74.
  4. (en) « Gillo Pontecorvo, membre d'honneur du Club de Budapest ».
  5. (it) Federica Pescatori, Treccani, « PONTECORVO, Gillo in "Enciclopedia del Cinema" », sur treccani.it (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

Liens externes

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  • (fr) Édition de « De l'abjection » (1961) par Jacques Rivette, critique consacrée au film Kapo (1959) de Pontecorvo, sur le site d'analyse L'oBservatoire (simple appareil).


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